Dévotion

De Casiopea







Tipo de PublicaciónPoema

À ma soeur Louise Vanaen de Voringhem : — Sa cornette bleue tournée à la mer du Nord. — Pour les naufragés.
À ma soeur Léonie Aubois d'Ashby. Baou — l'herbe d'été bourdonnante et puante. — Pour la fièvre des mères et des enfants.
À Lulu, — démon — qui a conservé un goût pour les oratoires du temps des Amies et de son éducation incomplète.
Pour les hommes ! À madame ***.
À l'adolescent que je fus. À ce saint vieillard, ermitage ou mission.
À l'esprit des pauvres. Et à un très haut clergé.
Aussi bien à tout culte en telle place de culte mémoriale et parmi tels événements qu'il faille se rendre, suivant les aspirations du moment ou bien notre propre vice sérieux.
Ce soir, à Circeto des hautes glaces, grasse comme le poisson, et enluminée comme les dix mois de la nuit rouge — (son coeur ambre et spunk), — pour ma seule prière muette comme ces régions de nuit et précédant des bravoures plus violentes que ce chaos polaire.
À tout prix et avec tous les airs, même dans des voyages métaphysiques. - Mais plus alors.

Devoción

A mi hermana Louise Vanaen Voringhem: –Su corneta azul girada al mar del Norte. –Para los náufragos.
A mi hermana Léonie Aubois d’Ashby. Baou! –la hierba de verano zumbante y apestosa. –Para la fiebre de las madres y de los niños.
A Lulu –demonio– que ha conservado un gusto por los oratorios del tiempo de las Amigas y de su educación incompleta. Para los hombres! –A madame***.
Al adolescente que fui. A ese Santo Anciano, ermita o misión.
Al espíritu de los pobres. Y a un muy alto clero.
Así también a todo culto en tal lugar de culto memorial y entre tales acontecimientos que haya que rendirse, siguiendo las aspiraciones del momento, o bien, nuestro propio vicio serio.
Esta noche, en Circeto de los altos hielos, grasos como el pescado y coloreado como los diez meses de la noche roja –(su corazón ámbar y spunk), –para mi única plegaria muda como esas regiones de noche y precediendo las valentías más violentas que ese caos polar.
A cualquier costo y con todos los aires incluso en viajes metafísicos. –Pero ya no más.


Arthur Rimbaud, «Dévotion», Illuminations 1873, Bibliottèque Nationale de France

Traducción de Godofredo Iommi; este poema se lee también en el escrito El Testamento de Rimbaud.